Alphabrick : bien plus que de la science fiction

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Depuis 2014, « Maison d’Ailleurs », musée suisse spécialisé dans la science-fiction propose de découvrir l’exposition Alphabrick. Conçu avec l’accord et l’aide de Lego, Warner Bros et Disney, Alphabrick nous montre les modalités de fabrication des univers fictionnels de Lovecraft créateur du Mythe de Cthulhu , de George Lucas pour Star Wars et de Tolkien avec Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit.

Même si les fans du genre y trouveront leur compte, les autres vont aussi pouvoir profiter de la démonstration sociologique et culturelle mise en place au sein de cette installation.

Partant du postulat selon lequel les univers imaginaires de la science-fiction et de la fantasy sont des additions de "briques",  Alphabrick tente d’ausculter le phénomène en analysant leur processus de construction. Et pour ce faire, tous les moyens sont bons, à commencer par les LEGO®. Aux dioramas (structure gigantesque à base de briques de la firme danoise), il faut ajouter une exceptionnelle sélection d'œuvres de John Howe et du Nantais Benjamin Carré, respectivement directeur artistique des films Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit pour l’un, et illustrateur officiel des comic book Star Wars. Deux histoires qui font aujourd’hui partie des références de tous.

Quelques pas au cœur de l’exposition permettent de comprendre rapidement que ces univers sont riches artistiquement mais aussi d’un point de vue sociologique et historique.

Ainsi, des films en stop-motion donnent aux plus jeunes les clés nécessaires pour comprendre et apprécier le monde de Tolkien sans pour autant être confronté au sang et aux têtes coupées présentes dans le film lors des mémorables batailles. Un des nombreux exemples qui nous montrent que tous ces mythes nous accompagnent tout au long de notre vie.

Instituant un dialogue singulier entre l’Art et la fiction narrative, l’exposition Alphabrick rappelle que si certains univers fictionnels semblent propices à la multiplication de médias de natures différentes, notamment de produits dérivés, jouets, livres ou CD, c’est parce que ces mondes s’appuient avant tout sur un besoin anthropologique (un besoin naturel de l’homme à construire une culture collegiale avec ses pairs et d’y appartenir), et pas uniquement sur une stratégie marketing.

En apportant un élément à ces univers, artistes, collectionneurs et passionnés du genre participent à la construction de cet univers commun.

Alphabrick est à retrouver jusqu’au 29 mai à halle du Petit Anjou de Saint-Sébastien-sur-Loire.

Nous avons pu nous entretenir quelques instants avec Lucie Legrand, médiatrice culturelle à la ville de Saint Sebastien.

 

Portrait de Guillaume Planchard

Guillaume Planchard