Avec Street-Art sans frontière, les murs donnent la parole

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Le collectif Street-Art sans frontière est basé à Nantes, Rennes et Abidjan. Créé en 2014 par Antoine et Mathieu, il se donne pour mission de traverser les limites géographiques, sociales, culturelles et linguistiques pour rompre avec le silence d’une population délaissée.

L’association revendique la parole à travers la couleur. Sur les murs des bâtiments abandonnés par les instances publiques, les street-artistes sans frontières invitent la population à se rapproprier leur espace. L’idée est d’utiliser l’Art pour engager un dialogue citoyen dans les régions pauvres. Dans cette optique, Street-Art sans frontière s’est déjà rendue deux fois au Maroc et une fois en Côte d’Ivoire. Les bénévoles s’adressent surtout aux plus jeunes, en proposant un espace ludique pour nouer une relation et rencontrer les individus défavorisés en leur insufflant, dans la grisaille du béton, une ouverture sur la réflexion.

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Street-Art sans frontière dans les zones rurales de Côte d'Ivoire par Street-Art sans frontière

Etat des lieux des zones géographiques

En Côte d’Ivoire, le climat est tendu. Au début des années 1990, le pays s’est engagé dans un processus visant à faire évoluer son mode de gouvernance vers la démocratie à l’occidentale. En même temps, il devait construire une forme d’identité nationale à l’intérieur de frontières héritées de la colonisation. L’exercice s’est avéré si compliqué que la nation a implosé. Entre guerre civile et post-électorale, les ivoiriens ont été fortement délaissés.

Au Maroc, l’état des lieux doit prendre en compte la liberté d’expression. Et notamment avec la répression des médias, qui s’est illustrée en France par l'interpellation du groupe du Petit Journal de Canal +, présent pour évoquer l’homosexualité dans le pays du Maghreb, et par le procès de sept journalistes en janvier 2016.

« Le procès de sept journalistes et militants marocains accusés d’atteinte à la sûreté intérieure de l’État et de manquement au devoir de signaler des financements étrangers, s’inscrit dans une opération calculée de répression contre la liberté d'expression »  avait alors déclaré Amnesty International.

Le Street-art, entre légalité et illégalité

L’art urbain s’inscrit légalement comme illégalement sur les murs, les routes, les chemins, une dalle ou une bouche d’égout. Très p résent à Nantes, il est moins connu sur le continent africain. Il s’installe peu à peu en Afrique du Sud, notamment à travers le festival City Of Gold en octobre à Johannesburg, ou dans le quartier de Woodstock, au Cap . En France, dans le Droit pénal, les graffitis sont considérés par les pouvoirs publics comme une détérioration des bâtiments.

Pour les street-artistes, les lois sont sévères et la punition peut s’élever à 45 000 euros d'amende et trois ans d’emprisonnement depuis juillet 2008. L’art urbain n’obéit pas à un droit de propriété commun. La législation est donc à l’heure actuelle dans l’incompréhension d’un mouvement s’inscrivant de plus en plus dans le paysage des français et dont la popularité croît avec les générations X et Y.

Rien n’arrête les bénévoles, qui prévoient une nouvelle mission en août et septembre 2016. Leur principale ambition aujourd’hui est de continuer leurs projets et de se développer.

Vridi Village Rasta Sabari, Abidjan

Vridi Village Rasta Sabari, Abidjan, par Street-Art sans frontière

Retrouvez ci-dessous l’interview complète d’Antoine, co-fondateur du collectif Street-Art sans frontière du 24 juin 2016. 

Portrait de Cerise Robin

Cerise Robin