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Culture Sortie Spectacle

Jusqu'à samedi 29 avril, la Compagnie nantaise Arden Théâtre présente La Lune des Pauvres au Terrain Neutre Théâtre à Nantes. Un univers post-apocalyptique à la rencontre de Vrogne et Pinaille, deux sans domicile fixe. Entre amour, haine, froid et exil, une pièce poétique et tragique.

Mise en scène par Alexandre Favreau, la pièce est adaptée de l'oeuvre éponyme de Jean-Pierre Siméon, et elle est réputée comme difficile à monter. Une oeuvre que le poète, romancier et critique définit comme une tragédie baroque : "Appelez cela, si vous voulez, une tragédie, mais c'en serait alors la parodie sinistre, puisque le sang qu'on y répand n'a plus valeur de symbole : il bouillonne, il fume, et il pue pour de bon. Ou bien une tragédie baroque, parce que contaminée par le grotesque, le trompe-l'œil et l'esprit d'épicier (voyons, rapport qualité-prix, que coûte l'espérance ?)".

Vrogne et Pinaille, les deux personnages de la Lune des pauvres, pourraient sans doute lui répondre. Ces deux hommes survivent grâce à l'amour qu'ils entretiennent l'un pour l'autre. Les laissant moins démunis que les plus démunis, moins seuls dans leurs vagabondages et leur rejet entier du système.

Mais lorsque le duo devient trio, avec l'arrivée d'Angela, tout éclate. Cette intrigante, jouée par Gwladys Guilloteau, scelle le destin des complices. N'ayant que l'amour à offrir en partage, le triangle amoureux éclate et les précipite dans la pénombre.

 

« A celui qui me dévisage et m'observe amicalement ; à celui comme une caverne en qui retentit mon aboi

Je propose ma vie singulière : seule ma vie est à moi

- Qu'il vienne plus avant. Qu'il écoute plus profondément

Là même où ni père ni amante ni le Prince lui-même ne pourront accéder jamais »

Faudrait mâcher chaque mot longtemps

Faudrait manger chaque mot

Comme s'il faisait un repas à lui tout seul

« Je propose ma vie singulière ; seule ma vie est à moi » extrait de texte, Vrogne

 

Une situation annoncée dès le début de la pièce par le Choeur, interprété par Marie Laval. Le Choeur, emprunt aux pièces de tragédies antiques, est retourné par la Compagnie Arden Théâtre qui le module pour en faire un personnage lunaire, atemporel, et plein de modernité.

Car, même si l'intrigue se situe dans un monde post-apocalyptique, la lumière bleutée constante la transporte dans des parenthèse hors-temps, hors-espace, mais jamais hors-champ.

Retrouvez ci-dessous l'interview complète du metteur en scène Alexandre Favreau, alias Vrogne, et de Marie Laval, alias Le Choeur. 

 

Crédits photographiques : Photomaxence