Et demain, quel littoral ?

Batz-sur-Mer 44 Granit 2009, Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unporte

Adapter les territoires littoraux aux changements climatiques, c'est le but de la proposition de loi, adoptée en seconde lecture à l'Assemblée nationale. La chambre, qui a limité l'assouplissement de la loi Littoral opéré par le Sénat, n'a pas pour autant réussi à tempérer les craintes de certains élus et associations.

"Ne touchez pas à la loi Littoral" est une pétition lancée par Jean-Laurent Félizia, conseiller municipal du Lavandou. Elle a recueilli environ 224,000 signatures et témoigne de l'atmosphère tendue dans laquelle s'opère le vote de la proposition de loi sur l'adaptation des territoires littoraux aux changements climatiques.

Fait rare, la loi Littoral est adoptée en 1986 à l'unanimité. Selon un sondage Ifop en 2014, le texte est encore approuvé par la majorité des français.

Sa nouvelle version, revue par les sénateurs puis corrigée par l'Assemblée national le 31 janvier 2017, vise à mieux prendre en compte l'érosion des terres où seront installés 40% de la population nationale d'ici 2040.

Si à la base la proposition ne vise pas la loi littoral, c'est pourtant son impact sur celle-ci qui attise les débats. Touchant également à la densification des communes tout en protégeant les terres agricoles exploitables, elle veut combler les "dents creuses" en rendant constructibles des terrains situés dans un hameau, entre les habitations. Une notion qui pose problème aux associations de protection de l'environnement. Mireille Bourdon est la présidente de Vert Pays Blanc Blanc et Noir, qui intervient entre Guérande et la Grande Brière Mottière. Elle dit se tenir prête, avec son organisme, à intervenir en justice pour préserver les côtes. Elle met également en avant le soutien citoyen dont bénéficie la loi Littoral.

Interview de Mireille Bourdon, par Cerise Robin

 

Hameau, dents creuses, quelles définitions pour quelles applications? 

Adeline L'Honen est la maire de Batz-sur-Mer. Si la commune ne constate pas de hausse de sa démographie, elle attire touristes et maisons secondaires grâce à sa côte naturelle. L'élue craint qu'un assouplissement de la loi donne lieu à une marée de bitume en bord de mer. La vice-présidente de Cap Atlantique aimerait une plus grande précision quant aux définitions des termes de hameaux et de dents creuses afin de légiférer sur l'exploitation des côtes sauvages, véritables atouts pour le tourisme.

Interview d'Adeline L'Honen, par Cerise Robin

 

Le hameau, une zone par définition disparate, pourrait trouver sa signification précise au cas par cas, à travers un décret en Conseil d'Etat. Une idée d'Emmanuelle Cosse, ministre du Logement. Cette dernière ne répond cependant pas aux peurs des Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) face à l'insécurité juridique d'un tel flou. Ces définitions précisées, leur application pourrait donner lieu à des contentieux, eux-mêmes alimentés par les dérives qui ont pu avoir lieu ces trente dernières années.

Sauf que le calendrier est serré pour les parlementaires. Ils ont jusqu'au 25 février pour se mettre d'accord et voter la loi, avant les élections présidentielles et législatives

Portrait de Cerise Robin

Cerise Robin