Des biolampadaires dans nos rues du futur : utopie ou réalité ?

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Méduses bioluminescentes, CC0 License

Lancé en septembre par la Métropole de Nantes, le Grand Débat héberge sur un site internet les propositions des citoyens face à la transition énergétique. Parmi elles, la bioluminescence. Et si les villes étaient éclairées grâce à des procédés naturels ? Entretien avec Gérald Thouand, professeur en microbiologie à l'Université de Nantes et chercheur à l'IUT de la Roche sur Yon.

Une lumière entre le bleu et le vert s'allume. Les lampadaires éclairent un à un les rues, sans utiliser la moindre électricité. A la place de l'ampoule, des champignons luminescents, des lucioles, des poissons ou des bactéries. Ce qui ressemble au début d'un roman d'anticipation pourrait-il devenir réalité?

Certaines espèces animales créent de la lumière naturellement. A plus de 200 mètres de profondeur, près de 75% des organismes seraient bioluminescents. Une façon de courtiser un potentiel partenaire, d'attirer leur nourriture, ou d'augmenter leurs chances de fuite face aux prédateurs. Certaines crevettes, ou méduses, s'illuminent même grâce à un simple frôlement de la main.

Moins profond, des algues et plantes bioluminescentes sont déjà utilisées pour, à long terme, remplacer une partie de l'éclairage privé et public. Le projet Glowing Plants aux Etats-Unis vise à transformer les rues en une réplique de Pandora, le monde du film Avatar. Mais pour le moment la lumière reste encore trop faible pour éclairer une rue.

Panellus Stipticus, Public Domain

Panellus Stipticus, Public Domain

Une lueur plutôt comparable à une veilleuse, comme Olga. Créée à Nantes pour les entreprenariales 2015, il s'agit d'une veilleuse faite de micro-algues qui s'illumine lorsqu'on la secoue. Une idée d'étudiants à l'Université Sciences et Techniques de Nantes. La start-up Glowee, elle, assure pouvoir éclairer les vitrines d'un magasin un mois durant, toute une ville pendant 6 mois. Et ce en utilisant des bactéries bioluminescentes. Une idée qui n'est pas nouvelle, comme l'explique Gérald Thouand, professeur en microbiologie à l'Université de Nantes et chercheur à l'IUT de la Roche sur Yon.

Interview de Gérald Thouand, "J'ai le souvenir d'une lampe, comme ça", par Cerise Robin

Si l'idée fait son chemin depuis longtemps, la science a, en réalité, peu avancé sur le sujet. Derrière la volonté de transformer les pixels en biopixels, de remplacer les éclairages publics par des arbres lumineux, et peut-être même de remplacer les illuminations de Noël, une réalité : il faut que toutes les conditions soient réunies pour une utilisation à plus grande échelle. Gérald Thouand en donne les grandes lignes.

Interview Gérald Thouand, "Un couple qui marche bien mais qu'il faut nourrir constamment", par Cerise Robin

Un organisme vivant finit forcément par mourir. Une bactérie vit en moyenne 72 heures. Ce qui signifie changer ces bioampoules tous les trois jours. Soit une très grande quantité de déchets biologiques. Non-polluants et comestibles, ces ordures vertes pourraient néanmoins avoir, à long terme, un impact sur l'écosystème.  

by NOAA's National Ocean Service What is Bioluminescence?
By NOAA's National Ocean Service What is Bioluminescence?

 

Portrait de Cerise Robin

Cerise Robin