François de Rugy, député écologiste de Loire Atlantique

partager:

François de Rugy est député écologiste de Loire Atlantique. Ce parlementaire a quitté le parti Europe Ecologie Les Verts, en août 2015, pour fonder sa propre formation politique baptisée " Écologistes ! ". Les députés ont adopté, en deuxième lecture, le projet de loi sur la biodiversité dans la nuit du 17 au 18 mars. Ce texte a fait l'objet de nombreux débats à l'Assemblée.

 

 

Un long processus parlementaire

Le projet de loi sur la biodiversité a été déposé il y a deux ans, en mars 2014, sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le texte vient tout juste de passer en deuxième lecture à l’Assemblée nationale. Le Sénat devrait procéder en mai ou en juin à une seconde lecture avant la tenue d’une commission mixte paritaire. En cas de désaccord, le projet de loi devra repasser cet été entre les mains des députés. « Quand il s'agit d'écologie, il y a une inertie. Il y a une tendance à repousser à plus tard le changement qui est extrêmement forte », déplore François de Rugy. L'écologiste souhaite que ce texte soit adopté avant la fin de l'été.

Interdiction des pesticides néonicotinoïdes

 

Abeille ©Thomas Bresson

Abeille ©Thomas Bresson

L'article 51 du projet de loi sur la biodiversité prévoit l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes, nocifs pour les insectes pollinisateurs, notamment les abeilles. Après plus de deux heures de débat, cet amendement a été adopté de justesse par les députés, jeudi 17 mars, avec 30 voix pour et 28 contre. Auparavant, les sénateurs avaient fixé des restrictions d’usage supplémentaires mais pas l'interdiction totale. Le député écologiste explique en quoi protéger les abeilles est une avancée pour l'environnement : « Si on les voit comme des moustiques qui nous piquent la nuit, on se dit que ce sont des sales bêtes dont il faudrait mieux se débarrasser. Or, en réalité, dans la chaîne alimentaire globale de la faune et aussi dans le fonctionnement de la flore, les abeilles permettent aux arbres fruitiers de produire des fruits. C'est aussi basique que cela. Cela a aussi un intérêt économique, sans parler de la production de miel. Tout cela est atteint et parfois détruit par un certain nombre de produits ». 

L'interdiction des pesticides néonicotinoïdes était initialement prévue au 1er janvier 2017 mais a finalement été repoussée au 1er septembre 2018, à la demande de Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture. Ce report est censé donner un délai supplémentaire aux agriculteurs afin qu'ils trouvent des alternatives à ces pesticides. Selon l'écologiste Nicolas Hulot, ces alternatives existent déjà.

La taxe de l'huile de palme revue à la baisse par les députés

 

©oneVillage Initiative

Huile de palme ©oneVillage Initiative

L'huile de palme est décriée pour ses effets sur la santé et l'environnement. Sa culture engendre des déforestations dans les pays producteurs tels que la Malaisie ou l'Indonésie. Cet ingrédient est présent dans beaucoup d'aliments mais il est souvent associé à la pâte à tartiner du géant italien Ferrero.
C'est pourquoi la taxe sur l'huile de palme a été rebaptisée « la taxe Nutella ». Elle a initialement été fixée par les sénateurs à 300 euros par tonne en 2017, 500 euros en 2018, 700 euros en 2019 puis 900 euros à partir de 2020. Mais les députés ont décidé, jeudi 17 mars, de réduire cette taxe à 90 euros et sera effective à partir de 2017. C’est pourtant l'une des huiles végétales les moins taxées : 104 euros par tonne contre 190 euros pour l'huile d'olive. 
Pour François de Rugy, tout comme pour Barbara Pompili, secrétaire d'État à la Biodiversité, cette taxation est «plus réaliste » en vue des enjeux diplomatiques entre la France et ces pays exportateurs. « Nous avons choisi la voie de la progressivité en se calant sur une taxation qui existe déjà sur l'huile d'olive. Il n'y avait pas de raison non plus pour faire moins pour l'huile de palme que pour l'huile d'olive que l'on produit en France », explique le député nantais. 

Retrouvez ci-dessous l'interview intégrale de François de Rugy, député écologiste de Loire Atlantique, diffusée dans le SUN Politique du lundi 21 mars 2016 :

SUN Politique - François de Rugy, député "Ecologistes !" de Loire-Atlantique, par lesonunique

 

Portrait de Clémence de Sagazan

Clémence de Sagazan