Le 8 mars : une arnaque sexiste ?

Aujourd'hui est célébrée la journée internationale pour les droits des femmes. Cette journée, initiée par les mouvements de luttes féministes du XXe siècle, est une occasion de promouvoir l'égalité des sexes, de lutter contre les discriminations, mais aussi et surtout de faire le point sur la situation des femmes dans le monde.

Mais comment résumer la lutte pour l'égalité des droits et l’émancipation en seulement 24h ? Si cette journée a quelque chose de risible, elle reste cependant importante en ce qu'elle défie la normalité. Elle met en lumière, le temps d'une journée, ce qui est toujours repoussé au second plan. Comme toutes les journées internationales officialisées par l'ONU, cette journée est un prétexte pour remettre en cause nos préjugés, nous interroger et nous arrêter.

Et si l'on prend le temps de s'arrêter, force est de constater que le jour devant servir la cause des femmes s'est finalement transformé en une grossière arnaque sexiste. Il suffit pour cela d'observer la récupération opérée par différentes grandes marques. Nombreuses sont celles à mettre en place un plan marketing choc : 20% de réduction sur tout le linge de maison, parce que Mesdames, cette journée est surtout la vôtre !

capture_2.jpg
 

Ironie du sort : 20 % c'est aussi ce que les femmes, à travail égal et en moyenne, gagnent en moins par rapport à leurs homologues masculins (les hommes gagnent en moyenne 19,2 % de plus que les femmes en 2016, source gouvernement.fr).

La récupération commerciale de cette journée semble donc l'avoir détournée de son objectif initial. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un oeil au petit nom que l'on donne à cette journée : à la journée internationale pour les droits des femmes, on préfère la journée de LA femme. Ce glissement, s'il n'a l'air de rien, n'est pas anodin. En plus de remettre au goût du jour l'idée d'une nature partagée par toutes les femmes, il évince la question des droits. Pratique.

Après la libération de la parole initiée par les mouvements #metoo et #balancetonporc contre les violences sexistes et le harcèlement sexuel, peut-être pouvons nous espérer une journée internationale de lutte pour les droits des femmes plus engagée, sans fard ni maquillage.

journee_femme.jpg
 

 

 

Pour échapper à ces grossières récupérations sexistes, nous vous proposons, non pas des roses, mais de (re)découvrir quelques sujets traités cette année en première partie de notre quotidienne (le 17/18). Qu'elles soient comédiennes, sportives de haut niveau, metteuses en scènejournalistes, chercheuses, entrepreneuses ou scientifiques : nous n'attendons pas le 8 mars pour donner la parole aux femmes.

Petite rétrospective non exhaustive :

  • Mariette, est tatoueuse au salon Turbo Zéro à Nantes. Elle nous livre son regard sur sa pratique et nous parle de l'évolution de la place des femmes dans le milieu du tatouage. Aujourd'hui " tu te bases sur des conventions, il y a autant de gonzesses que de mecs".

A réécouter ici.

  • Agathe Petit est rédactrice en chef d'une émission radiophonique hebdomadaire dédiée à la culture scientifique : Le Labo des savoirs. Même si "il y a encore beaucoup d'hommes dans les labos", le Labo des savoirs veille à garantir la parité dans ses intervant.e.s.

A réécouter ici

  • Laura, est doctorante dans un laboratoire d'écologie et d'évolution. Elle est aussi à l'initiative de la page Paye ta recherche ! qui dénonce le sexisme dans le milieu scientifique. "Le sexisme est partout, il n'y a aucun milieu qui y échappe".

A réécouter ici.

  • Aurélia Bovron est scientifique et travaille dans une curieuse discipline : l'archéozoologie. Elle nous explique à quoi renvoie ce domaine de recherche, un domaine où il y a "autant de femmes que d'hommes".

A réécouter ici.

  • Julia Perazzini et Géraldine Chollet sont comédiennes. Elles sont revenues au micro de SUN sur leur prestation au TU de Nantes de l'adaptation de l'oeuvre de Virginies Despentes : King Kong Théorie. Les comédiennes nous exposent leur interprétation de ce texte engagé et foncièrement féministe.  "Le féminisme je le vois ouvert à tous, (...) comme une nouvelle forme d'humanisme : le droit de chacun à être ce qu'il est".

A réécouter ici.

  • Claire Fretel est comédienne et metteuse en scène. Elle est également l'une des Filles de Simone, un collectif qui aborde sans tabou la question de la maternité à travers leur spectacle "C'est (un peu) compliqué d'être l'origine du monde". Le spectacle sera en représentation le jeudi 12 avril au Piano'cktail à Bouguenais.

A réécouter ici.

  • Julie Ollivier est danseuse, chorégraphe et professeure de danse. Elle pratique la danse contemporaine et Hip Hop. Elle nous livrait, dans le cadre de notre cycle "danse", son regard sur sa pratique. Nota Bene : Elle sera sur la scène du théâtre ONYX à Saint-Herblain le samedi 17 Mars pour sa dernière création : Connexion (création de La Compagnie S, en collaboration avec la DJette L.Attipik).

A réécouter ici.

  • Annaïg Plassard est co-commissaire de la dernière exposition de Maison Fumetti : Une BD si je veux, quand je veux. Cette exposition cherche à mettre en lumière le féminisme à travers la bande-dessinée grâce aux travaux de 25 autrices. Exposition en accès libre et gratuit jusqu'au 14 avril à La Manufacture.

Déambulation parmi les oeuvres de l'exposition à réécouter ici.

  • Faustine Noël est sportive de haut niveau en parabadminton. Elle a su faire de son handicap une force puisqu'elle est depuis 2016 championne de France dans sa catégorie.

A réécouter ici.

Portrait de Julie Judais

Julie Judais