L'emploi partagé, une autre façon de travailler

partager:

De plus en plus de sociétés font appel au temps partagé… En Loire-Atlantique, des associations ou des groupements d'entreprises sont spécialisés dans ce domaine.

Le principe du temps partagé est simple. Un employé va travailler dans plusieurs entreprises près de chez lui, mais seulement deux ou trois jours par semaine dans chaque structure… Il peut ainsi utiliser ses compétences, dans une industrie aéronautique du lundi au mercredi, et le reste de la semaine dans un service bancaire. L'association Vénétis est spécialisée dans cette pratique. Elle va recruter des individus pour ensuite les proposer à plusieurs entreprises qui les recruteront en temps partagé. Vénétis emploie 150 salariés répartis dans 320 entreprises adhérentes. Elle est implantée dans plusieurs villes du secteur, dont Saint-Nazaire et Nantes. Grâce à cette frise chronologique découvrez l'implantation de Vénétis dans le temps sur le territoire en cliquant sur l'outil "List" de la frise.

Pérénniser des savoirs-faire

Pour Ronan Le Neillon, responsable de l'antenne nazairienne, le temps partagé permet de pérenniser les compétences au sein des entreprises "Lorsqu'une entreprise propose un ou deux jours de travail à un employé car cela correspond à ses besoins elle a beaucoup de chances pour que le salarié parte au bout de quelques mois. Par le biais du temps partagé le salarié va avoir un contrat de travail à temps plein ou à 80% et pour autant l'entreprise va bénéficier de ces compétences durant quelques jours par semaine"

 

Sauvegarder des compétences, par Inconnu

 

S'associer pour recruter

L'association Arbres est spécialisée dans l'insertion professionnelle à travers le recyclage. En 2013, elle a eu recours à l'emploi partagé via un groupement d'entreprises. Elle s'est associée à l'organisation Osez forêt vivante, basée à Rezé, positionnée sur le même secteur d'activité. Elles ont toutes les deux créé un CDI en temps partagé, malgré un faible budget. Contacté par téléphone, Guy Lebot, responsable d'arbre, explique que cette forme d'emploi pourrait être une solution pour le travail dans les petites structures. En effet, pour des besoins communs, en se groupant à plusieurs, il est possible de créer des emplois. Cependant Guy Lebot précise qu'il est nécessaire d'accepter de s'adapter. Une souplesse que tous les salariés ne pourraient forcément assumer et une entraide que tous les organismes ne pourraient accepter.

 

Mais le responsable de l'association Arbres conçoit que les contrats en temps partagé coûtent un peu plus cher que les contrats classiques. Ainsi chez Vénétis, le coefficient de facturation permet de réaliser une marge de 15 % visant à pérénniser la structure. Cependant, les entreprises sont déchargées de toute gestion sociale des salariés grâce à cette forme de travail. Elles n'ont pas à verser directement le salaire, à s'occuper des congés maladies ou de l'assurance. La grande différence se situe au niveau des charges, environ 2,4% en coefficient de charges par rapport au salaire brut, contre 1,60-1,75 lorsqu'une entreprise emploie elle-même. Ce qui, selon Guy Lebot, est moins cher qu'un intérimaire et permet de ne pas engager des salariés pour des missions ponctuelles.  

Portrait de Hugo Blin

Hugo Blin