Report Concert Joe Satriani Au Zénith De Nantes

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Pour cette première date marquant le début sa tournée européenne, The Shockwave Tour, le guitariste à la renommée mondiale Joe Satriani a décidé d'investir le Zénith de Nantes en ce jeudi 17 septembre. Avec l'artiste Markus James comme première partie, la soirée promet de transporter les nantais dans différents univers se trouvant entre réalité et fiction.

 

 

Markus James N'a Pas Le Blues:

Choisi pour assurer la première partie du célèbre guitariste, Markus James a donc la lourde tâche de jouer devant un public qui doit s'armer de patience avant que la performance de leur idole ne commence. Les nantais ne le savent pas encore, mais cette soirée va les faire voyager. Arrivant tout droit de Californie, c'est avec une intro musicale comprenant des bruits nocturnes d'animaux et créant ainsi une ambiance forestière que l'artiste fait son entrée sur scène. Guitare à la main, il est simplement accompagné par un batteur, Marlon Green et ce pendant tout le long de sa performance live. Dès les premières notes, les musiciens nous transportent sur la Route 66 grâce à leur musique sauvage, un peu biker, qui fait de suite taper du pied sur le sol. Le chant et la guitare sont saturés, peut-être même un peu trop ce qui fait cracher le micro. Heureusement, cela va vite être réglé. Le guitariste salue le public, en écorchant quand même le nom de Nantes qu'il répète deux fois, ne savant pas trop quelle prononciation utiliser, avant de nous envoûter à nouveau de son blues rock. L'éclairage tamisé bleu et violet ainsi que le duo formé par les musiciens rendent le concert minimaliste et presque intimiste puisque Markus et Marlon sont confinés entre eux, comme s'ils jouaient dans une petite salle de concert, ce qui laisse un large espace non occupé sur la scène. Markus sait jouer sur les effets grâce aux quelques pédales présentes qu'il utilise à plusieurs reprises pour que sa guitare sonne différemment. Le batteur, quant à lui, décide de se lever et de se mettre debout derrière ses fûts pour jouer sur sa batterie. Vient ensuite le moment où Markus quitte, pour le temps d'une chanson, sa guitare électrique pour laisser place à un banjo. Après avoir traversé cette fameuse Route 66, nous voilà rendu au fin fond du Sud des États-Unis avec une musique nous emmenant tout droit dans les bayous. Le trafic du micro rend le chant presque enregistré quand celui-ci apparaît, ce qui sonne plutôt bien. Le banjo est ensuite abandonné sur le titre No More afin de retrouver la guitare électrique et notamment une datant de 1964 au coffre carré, ce qui est peu banal à voir. Les riffs sont efficaces, quelques personnes se surprennent même à taper dans leurs mains, et certaines notes peuvent faire penser au style de Deep Purple, le côté hard rock en moins. Ce qui est sûr, c'est que l'instrumental domine clairement sur le chant, avec une mélodie qui revient en continu pour certains morceaux. Le batteur ne se contente pas seulement de jouer sur sa batterie, il fait office de chœur reprenant par exemple des «huh» tout le long d'une chanson. Le public est réceptif et offre un bon accueil aux musiciens grâce à des applaudissements qui se font entendre de nombreuses fois. L'inspiration de blues africain se fait bien ressentir tout comme celle de l'artiste Bo Diddley qui s'entend dans la musique que le guitariste propose. Avant que le concert ne se termine, Markus sort son harmonica et dommage que le public soit assis car certaines personnes se seraient bien déhanchées un peu. Malgré une communication faible présente seulement pour raconter quelques petites histoire avant de commencer certaines chansons, le pari est tout de même réussi puisque le duo a pu faire voyager les personnes présentes en 45min de performance grâce à leur musique originale.

Joe Satriani, Un Alien Venu Conquérir Nantes:

Après 20min d'entracte, il est maintenant temps pour les lumières du Zénith de s'éteindre complètement afin de laisser place au maestro. Une vidéo est lancée en guise d'introduction avant que Joe Satriani, ou Satch pour les intimes, ne fasse son apparition. Toujours muni de lunettes de soleil et de sa guitare Ibanez, c'est avec le titre Shockwave Supernova, issu de son dernier album du même nom, que le guitariste démarre officiellement sa tournée. La salle est presque complète, les nantais ayant bel et bien répondu présent à l'événement remplissant les sièges de la fosse jusqu'au gradins même si quelques uns sont vides. S'en suit une chanson tirée de l'album phare du californien qui l'a fait connaître du grand public, Surfin With The Alien. Dès les premières notes, les acclamations fusent de tous les coins montrant à quel point les fans sont près à passer une soirée inoubliable. Les musiciens accompagnant l'artiste sont un peu en retrait et reste dans l'ombre mais pas pour très longtemps. Les morceaux s'enchaînent avec pour seule distinction par moment les applaudissements du public. Une chose est sûre, la technique est belle et bien présente et Satriani sans sa guitare c'est un peu comme une voiture sans moteur, ce n'est juste pas possible. En effet, on sent tout de suite que l'instrument fait parti de lui, qu'ils ne font qu'un et que c'est toute sa vie. Ses doigts défilent à toute vitesse sur le manche, preuve d'une dextérité impressionnante et donnant presque le tournis à qui oserait suivre du regard les notes jouées. Il réussi à rendre sa guitare presque humaine grâce au jeu de vibrato qui la fait pousser comme des sortes de cris. Les sons sortant des amplis sont puissants et envoient du lourd mais le guitariste a aussi su s'entourer de très bons musiciens qui réussissent à compléter son travail. Il prouve qu'on peut créer un groupe sans forcément posséder de chanteur, la guitare pouvant occuper ce poste si on sait la manier avec grande précision et perfection. Elle rugit lorsque le backdrop projette des images de paysages et il suffit simplement de fermer les yeux pour se laisser emporter par la musique. Vient ensuite le moment de FriendsMike Keneally, l'autre guitariste présent mais aussi claviériste, effectue plusieurs allers-retours entre le devant de la scène et son clavier. En plus de celle avec le public, Satch fait preuve d'une grande complicité avec les personnes l'accompagnant sur scène, se mettant parfois en retrait pour laisser place à ses musiciens. Il communique de temps en temps avec l'auditoire, plaisantant même avec lui, mais les morceaux sont joués à la file. Lorsque les deux guitares se retrouvent à jouer ensemble, les sonorités grondes de partout et c'est une véritable claque. Lors de Butterfly And Zebra, le backdrop s'habille de paysage d'arbres défilant au fil des saisons. Malgré le fait que ce soit un morceau court, cela suffit a créer une ambiance calme et apaisante le temps d'un instant avant de repartir de plus bel. Le musicien présente petit à petit ses accompagnants et réussi à faire hocher quelques têtes sur certains morceaux. Il prend ensuite la parole et enfile sa casquette de professeur afin de montrer au public les différentes façons de terminer une chanson, notamment avec le «Woodstock Ending» où il va mordiller les cordes de sa guitare à la façon Jimi Hendrix. Après ce cours, il est temps pour Monsieur Satriani de revenir aux choses sérieuses avec Crazy Joey qui va ainsi nous montrer des jeux de guitare variés. Le temps d'une pause, les solos de clavier et de batterie se font entendre et ce dernier va impressionner le public grâce à la technique du batteur lorsque qu'il tape sur ses cymbales et sur les bords des tambours. Son jeu de baguette a le droit à des acclamations des nantais et des sifflements positifs, voire un peu jalousés de certains. Satriani remonte sur scène et s'offre un jeu de questions/réponses entre sa guitare et la basse. On note quand même un petit affaissement de la part du public mais qui heureusement ne dure que seulement 20min. Le backdrop s'allume à nouveau pour montrer un ciel étoilé avec des aurores boréales avant de se transformer et de montrer plusieurs images du guitariste de ses débuts à aujourd'hui. On peut y voir des pochettes d'albums, des photoshoots, des couvertures de magazines et surtout des photos où il avait encore des cheveux (si si c'est possible !). Le musicien et ses compagnons saluent le public et quitte la scène avant de revenir pour le fameux rappel. Super Colossal se fait alors entendre et c'est une marée humaine que l'on retrouve devant la scène, plusieurs fans venant des gradins se pressent pour profiter un maximum des derniers instants du show et pour être au plus près de leur idole. Les personnes assissent dans la fosse se sont même levées. À la fin de la chanson, Satriani en profite pour s'amuser avec le public, jouant quelques notes et le faisant répondre avec des «oh oh oh» avant que le célèbre Surfin With The Alien ne termine ce concert en apothéose, accompagné par un backdrop animé d'un surfeur d'argent traversant l'univers. Après tout de même deux heures complètes de live, c'est une fin au summum qui a lieu et tout le monde est debout pour applaudir la performance du légendaire guitariste, qui prend son temps pour saluer son public avant de partir définitivement.

Avec ce live, Joe Satriani montre qu'il est bel et bien le maître incontesté lorsqu'il s'agit d'avoir une guitare entre les mains. Le risque de ce genre de concert, basé exclusivement sur de l'instrumental, est que les fans s'ennuient au bout d'un certain moment à force  d'entendre un peu toujours la même chose. Ici, c'est loin d'être le cas puisque les mélodies sont riches et variées. Le musicien réussi à réunir un public issu de tous les milieux et qui ne ressort pas indemne de cette soirée. Entre voyages nous faisant découvrir les États-Unis et l'Afrique avec Markus James ou à travers différents univers avec Satriani, les nantais ont eu de quoi faire et en sont plus que conquit. 

Portrait de Morgane Le Goff

Morgane Le Goff