Report Concert Terror Au Ferrailleur

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C'est un Ferrailleur presque complet qui accueille en ce lundi 20 juillet le groupe de hardcore californien Terror. Accompagné par Stinky venant de Clisson et de Expire qui arrive tout droit du Milwaukee, c'est une soirée 100% hardcore qui est donc proposée aux personnes présentes à l'événement. Retour sur ces concerts qui auront su réunir les fans inconditionnels de ce genre.

 

 

Hard(French)core De Stinky:

Premier groupe qui à la tâche d'ouvrir les festivités, c'est du hardcore Made In France et surtout Made In Loire-Atlantique qui est proposé avec Stinky. À croire que Clisson est destiné à être une contrée attirant la musique extrême car en plus d'accueillir chaque année le Hellfest, c'est de cette ville dont est originaire le groupe. C'est timidement que le public vient voir ce dont les clissonnais sont capables, se positionnant en arc de cercle devant la scène ce qui laisse un vide sur les premiers rangs. À plusieurs reprises, la chanteuse Claire va demander à ce que l'auditoire bouge un plus mais ce dernier est peu réceptif voire hésitant car il n'est pas encore dans l'ambiance. Seul cinq irréductibles passionnés donnent de leur personne en simulant une bagarre cadencée en balançant leurs bras et leurs jambes en avant, appelé dans le milieu mosh pit, et un petit circle pit fait également son apparition. L'un d'eux monte même sur scène se payant le luxe de s'offrir un duo avec le groupe. En guise de remerciement, la frontwoman descend de scène à deux reprises pour se mêler à ce petit groupe et chanter, ou plutôt hurler, avec eux. Au moment de la dernière chanson, c'est une reprise du groupe Guns Up qui achève le live de Stinky, premier donné au Ferrailleur sous ce nom d'ailleurs. Un concert mitigé qui aura fait quand même une poignée d'heureux mais qui n'aura pas tâché l'enthousiasme du groupe qui est tout de même honoré d'être présent et de partager l'affiche avec Terror.

Le Hardcore Expire:

Il faut encore attendre un peu avant que la tête d'affiche ne pointe le bout de son nez, mais avant cela les fans doivent passer par la case Expire. Cette fois, c'est un groupe américain qui propose une musique hardcore bien de chez eux, musique qui est apparu sur ces terres il y a plus de 20 ans maintenant. La salle du Ferrailleur est un peu plus remplie et le groupe va échauffer petit à petit le public qui est plus proche de la scène, presque collé. Le son est plus puissant, surtout en ce qui concerne la basse occupée par Caleb Murphy, ce qui est propice à tous bons slammeurs qui se respectent. Quelques headbangs, circle pit et mosh pit font également leur apparition et on surprend même certaines personnes à sauter en l'air. Josh Kelting se fait un réel plaisir de partager son micro et de chanter avec l'auditoire mais ne peut pas s'empêcher de bouger dans tous les sens, ne tenant pas en place une seule seconde. Selon ses dires, leur concert doit être le deuxième ou le troisième donné en France depuis la création du groupe en 2009. On espère donc que les membres reviennent vite en Hexagone et une chose est sûre, ils ont déjà réussi à se mettre une bonne partie du public nantais dans la poche.

Un Hardcore Terror-isant:

Ça y est, le moment est enfin arrivé, l'heure est venue pour Terror de rentrer sur scène. Il faut savoir jouer des coudes pour pouvoir trouver une place tant la salle est pleine à craquer. Comme prévenu dans un communiqué, Scott Vogel ne sera pas de la partie à cause d'une blessure au dos et a donc laissé sa place de chanteur à David Wood. Habitué à occuper la place de bassiste dans le groupe, c'est un sacré challenge qui attend ce dernier car les fans l'attendent au tournant. Cependant, les années passées à côté de son acolyte lui on apprit ce qu'il faut faire et ne pas faire et il remplie parfaitement la mission qui lui a été confiée. Les fans sont réveillés, voire déchaînés, ce qui met en confiance le chanteur remplaçant qui va passer le micro de temps à autre au public. Quelques personnes défilent sur scène avant de repartir dans la fosse, entraînées par le son fort et puissant des Californiens qui fait exploser les décibels. Les slams, les headbangs et les circle pit s'enchaînent, les mosh pit sont un peu plus violents que lors de la prestation des groupes précédants et un wall of death fait même son apparition pendant Always The Hard Way. Le public est en sueur, se laissant totalement aller en plus de la chaleur presque désertique qu'il fait dans la salle. David profite d'une petite pause pour présenter le groupe et glisser au passage une pensée pour Scott avant de reprendre de plus bel. Les fans bougent de la scène jusqu'au bar situé au fond du Ferrailleur et là, c'est une surprise que personne n'attendait... Le roadie présent à l'arrière de la scène pendant tout le set s'empare du micro, éclipsant totalement pendant quelques minutes ce que David avait fait jusque là. Son physique autant que sa voix sont si impressionnants que le public en reste presque bouche bée. Il a du coffre et on sent qu'il ne faut pas trop lui chercher des noises. David reprend ensuite ses droits et annonce la dernière chanson. Le concert était si intense qu'on pourrait croire qu'il a duré au moins une bonne heure mais en regardant sa montre, on constate que le groupe est présent depuis seulement... 30 min ! Un peu court quand même pour un groupe qui peut durer bien plus longtemps que cela, mais peu importe cela n'empêche pas les fans de reprendre en cœur le refrain et de taper dans leurs mains. Tous ressortent épuisés mais ravis de l'expérience qu'ils viennent de vivre, certains auraient quand même préféré que celle-ci dure un peu plus qu'une demie heure...

Voilà une soirée placée sous le signe de la musique hardcore qui s'achève. Qu'ils viennent de France, des États-Unis ou d'ailleurs, les groupes fervents de ce genre savent que ce n'est pas parce que le son proposé peut paraître «violent» au premiers abords qu'il ne faut pas oublier qu'ils sont là avant tout grâce aux fans. Avec un point commun, qui est la casquette vissée sur la tête, le hardcore nous prouve qu'il n'y a pas de distinction artistes/fans, que l'ambiance proposée est amicale et qu'on a beau ne pas se connaître personnellement, on est tous dans le même bateau.

Portrait de Morgane Le Goff

Morgane Le Goff