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Suivre les morts au OFF d'Avignon

Suivre les morts, jusqu'au Off d'Avignon. La compagnie nantaise Banquet d'Avril sera au Grenier à Sel du 7 au 30 juillet à 14 heures. Dans sa besace, les témoignages mis en scène des affres du rapatriement des corps.

Ramener les corps de ses défunts en terres d'origines. Des lieux où parfois, les descendants n'ont jamais mis un orteil. Des lieux étrangers n'ayant pas les mêmes lois, les mêmes fonctionnements administratifs.

Anne Bossé et Elisabeth Pasquier, chercheuses à l’UMR « Ambiances architectures urbanités » à l'Ecole d’architecture de Nantes, sont allées trouver ces enfants de migrants qui accompagnent leurs proches vers un autre pays. Elles ont ainsi récolté des témoignages,  proposés par la suite à la Compagne Banquet d'Avril.

Le sujet plaît, les témoins sont d'accord. Comme une somme de paperolles, les textes sont cousus ensemble pour créer une pièce. "On a rien écrit, on a juste repris" explique Monique Hervouët, directrice artistique et metteur en scène.

Une manière de vulgariser le savoir sociologique et de parler, aussi, d'un sujet peu aborder : ce que les morts font faire aux vivants.

"Moi je n'en savais rien, ce sont des aspects techniques. Et parfois les défunts sont de deuxième, troisième génération" poursuit Monique Hervouët. Dépasser les stéréotypes mais pas toujours expliquer pourquoi ce besoin de retourner à sa mort à la terre de ses ancêtres. Une mise en mots autant qu'en scènes que la compagnie espèrent exporter.

Elle veut parler aux diffuseurs mais aussi à des associations. En effet, si Suivre les morts exporte la sociologie sous le rideau rouge, les créateurs voudrait sortir plus encore des cadres et faire de la pédagogie avec la pièce.

Et ils peuvent pour se faire s'appuyer sur le rayonnement d'Avignon. Cette année, sept compagnies ligériennes sont sélectionnées pour représenter la Région. Avec elles, des structures bretonnes et normandes qui forment l'interrégional. Le partenariat entre les trois territoires est une nouveauté 2017 avec en ligne de mire une meilleure itinérance des créations.

De plus, les éditions précédentes du Grenier à Sel ne peuvent que rendre la compagnie optimiste.

L'an passé, près de 6,000 spectateurs s'étaient déplacés.