Thierry Anti : “Il faut que le handball se protège”

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Entre deux matchs de Ligue des Champions, le HBC Nantes a de nouveau rendez-vous avec le championnat. Pour la 20e journée, c’est Nîmes qui se présente à la Trocardière. Un adversaire qui a fait parler de lui, il y a quelques semaines pour de l’extrasportif.

Au cours de la saison, pendant que des hommes s’affrontent sur le parquet, d’autres font le job en coulisses. Des batailles dues au marché des transferts qui bat son plein. Nîmes a déjà annoncé le recrutement de cinq éléments (dont le demi-centre nantais O’Brian Nyateu), et l’un d’eux a déclenché une polémique. Elle concerne Elohim Prandi, membre du centre de formation de l’US Ivry.

Âgé de 17 ans, le joueur ivryen a donc décidé d’aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Oui mais voilà : il lui reste officiellement un an de formation. Ivry aurait eu la priorité sur son premier contrat pro, si le joueur avait été au bout de son cursus. Pour ce recrutement, les Gardois ont déboursé 24.000€, soit le montant de son apprentissage.

Il existait jusqu’à présent une forme de “Gentleman’s Agreement” entre les clubs pour éviter cette pratique. A l’évidence, cette règle tacite est en voie de disparition. Les raisons de ce changement sont multiples pour Thierry Anti, entraîneur du HBC Nantes et président du syndicat des entraîneurs, “7 Master”.

Thierry Anti _ Le Problème.mp3, par Jean-Baptiste Maître

Cet appât du gain oblige la Ligue Nationale et la Fédération Française de Handball à s'interroger. Comment préserver la qualité de formation quand un joueur veut très rapidement découvrir le haut-niveau ? Si cela venait à se développer outre mesure, les grandes perdantes seraient les équipes de France d’après le président du syndicat des entraîneurs.

Je ne suis pas pour ce système. Au H on a failli le faire il y a trois ans, avec Melvynn Richardson (formé à Chambéry), mais on ne voulait pas casser quelque chose qui fonctionnait jusqu’à présent. Le handball français a besoin de ses centres de formation pour régénérer son élite. On est en pleine discussion avec toutes les instances pour se protéger. Se protéger…. pas nous les clubs mais le handball dans son ensemble. Car si on continue dans cette voie, on fera comme les autres sports : on ira chercher des jeunes étrangers. Et que va gagner l’équipe nationale ?”.

“Des discussions à avoir”

Aujourd’hui, les instances dirigeantes ne semblent pas en mesure de limiter l’effritement. Cela soulève une autre question : Pourquoi former un joueur si celui-ci peut partir du jour au lendemain ? Afin de limiter les effets de ses nouveaux contrats, Thierry Anti soumet quelques idées absconses.

thierry_anti_quelles_solutions_apportees ?.mp3, par Jean-Baptiste Maître

Des discussions qui devront arriver vite, car l’attrait autour du handball ne fait qu’augmenter. Pour preuve : les derniers chiffres du mondial 2017.

Des cas comme Aymeric Minne à Aix ou Elohim Prandi à Nîmes ne seraient plus des exceptions, mais pourraient devenir banals dans un sport où l’éthique et le fair-play sont des maîtres-mots durant un match, mais visiblement plus tout à fait en coulisses....

Pour en savoir plus sur ce sujet, nous vous donnons rendez-vous ce mercredi soir à 20H sur le flux SUN Sports des plateformes numériques de SUN. Une partie de l’avant-match entre le HBC Nantes et l’USAM Nîmes sera dédiée à cette question.

 

Crédit Photo : HBC Nantes

Portrait de Jean-Baptiste Maître

Jean-Baptiste Maître