Dans le rouge, la e-planète se met au vert

partager:

Aujourd’hui, en France, entre 5 et 7 millions d’objets connectés  sont en service. En 2020, ils représenteront une masse de 20 à 75 millions. Pour fabriquer trois Smartphones et refroidir leurs centres de données, il est nécessaire d’utiliser 2 924 litres d’eau. A titre de comparaison, une personne pourrait vivre deux ans et demi  avec cet apport en H2O.

Les objets connectés font de plus en plus partie du quotidien des citoyens. Ils s’immiscent dans leur poche, dans leur salon, dans leur chambre. Ces appareils sont des réveils, des montres, des Smartphones, des lampadaires ou des bennes à ordures intelligents. Ils peuvent aider une personne à surveiller sa santé tout en préservant son indépendance, à ne pas perdre de temps dans les embouteillages ou encore à rechercher un stationnement.

Les produits intelligents peuvent œuvrer pour la planète, tout en la détruisant. En limitant les stocks de papiers grâce au numérique, ils créent des espaces en ligne, dont la consommation énergétique est finalement deux fois supérieure à celle d’un ordinateur. En 2013, le nombre d’e-mails échangés étaient de 500 milliards par jour au niveau mondial. De même pour les SMS : dix minutes d’utilisation d’un téléphone portable reviennent à 80 kilomètres en voiture.

Quelques gestes…

Quelques gestes peuvent réduire considérablement l’impact de ce réseau dont aujourd’hui rien ne semble pouvoir se passer. Tout d’abord, il suffit de diminuer le nombre d’e-mails envoyés et de supprimer régulièrement les messages inutiles, tout en vidant la corbeille. Ensuite, des logiciels et applications éco-responsables peuvent être créés pour limiter l’obsolescence des appareils. Et enfin, le recyclage semble être une réponse à l’impact écologique des objets connectés en fin de vie. Ceci amène à une résolution : repenser le fonctionnement des appareils depuis leur création jusqu’à leur destruction.

Les data center sont particulièrement énergivores. Ces gigantesques bibliothèques de données, privées comme publiques, doivent fonctionner sans interruption et être très fréquemment refroidies. En Islande, le stockage numérique marche avec la géométrie. Le sol, grâce à la vapeur, dégage l’équivalent de 10 mégawatts d’énergie, de quoi faire rouler dix Formules 1.

Éteindre les appareils

Même en veille, les appareils continuent de rechercher une source Internet, ce qui représente la partie la plus importante de leur consommation énergétique. Alors pourquoi ne pas tout simplement les éteindre ? Parce que pour la génération dite « digitale », l’objet connecté est devenu la réponse à ses problèmes. Plus encore, il est l’extension des individus. Son agenda, son carnet d’adresse, sa boîte aux lettres, son CV, son jouet, sa boussole et même sa carte bleue. Le e-produit, notamment le téléphone portable, devient une nécessité. Un besoin aussi bien matériel que mental. En effet, d’après The Impact of iPhone Separation on Cognition, Emotion and Physiology, il existe désormais un autre soi, connecté. Une part de nous-même réelle, puisque son absence occasionne un manque physiologique, c’est-à-dire un état de stress ou de confusion, et une impression de solitude.

En octobre 2015 à Nantes, la Green Week évoquait la « digital detox ». Une manière de soigner sa nomophobie et de se passer, pour un temps, des appareils connectés. Une véritable cure, se déroulant sur plusieurs étapes, et passant par la détente, le sommeil et l’introspection, pour que chacun puisse calculer son besoin réel en connexions.

A Lire aussi : 

Reconditionner son ordinateur, la Zolution socio-environnementale. 

 

 

Portrait de Cerise Robin

Cerise Robin