Journée mondiale anti-tabac : les femmes enceintes face à la cigarette

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CC0 Public Domain

Ce mardi 31 mai, à l'occasion de la journée mondiale sans tabac, le CHU de Nantes en profite pour sensibiliser le grand public. Mobilisation du personnel à la maternité d'Hôtel Dieu et dans le hall de Nord Laennec pour informer les gens des risques liés au tabagisme. Au programme, des quiz, la mesure du taux de monoxyde de carbone inhalé et l'évaluation de sa fonction respiratoire, de 9h à 17h. Cette action vise notamment les femmes enceintes. 

Environ 20% des femmes enceintes ne stoppent pas leur consommation de tabac malgré les risques pour le nourrisson. Face à cette réalité, l'Institut National du Cancer (Inca) préconise de payer les futures mères pour les inciter à vaincre leur addiction. Le 7 avril dernier, il lance l'étude F.I.S.C.P dans 16 maternités pour vérifier si le billet peut remplacer le tabac. Le CHU de Nantes en fait partie. Pour la tabacologue Marie-Pierre Humeau, ce n'est pourtant pas la bonne solution. Membre du centre de Pneumonologie de Nantes, elle explique que pour des "raisons éthiques" elle refuse de soutenir cette action. Selon elle, il est nécessaire de prendre en compte l'idée qu'il s'agit d'une addiction. "Ce n'est pas seulement de l'ordre du "il n'y a qu'à", non. Arrêter de fumer nécessite un véritable accompagnement interdisciplinaire de l'individu. Aujourd'hui, le personnel médical est frileux à cette idée. Surtout les médecins traitants ou les gynécologues. Mais des associations comme Infirmières tabacologues militent pour cela."

Selon elle, si un quart des femmes cèdent encore à l'appel de la cigarette, c'est parce qu'il existe chez elles une douleur cachée, comme des violences par exemple. Marie-Pierre Humeau rappelle que fumer est un comportement qui nécessite un travail psychologique, tabacologique et nutritionnel. Elle déplore le manque de consultations systématiques pour les femmes en âge de procréer ou enceintes. Pour la spécialiste, comme un rendez-vous chez l'anesthésiste avant une opération, la première consultation tabacologique devrait devenir obligatoire. Surtout que celle-ci est remboursée par la Sécurité sociale.

Retrouvez ci-dessous l'entretien avec Marie-Pierre Humeau.

Portrait de Cerise Robin

Cerise Robin